Histoire des barrages du Lévézou
Histoire des barrages du Lévézou

Pareloup-LévézouPareloup Lévézou
Histoire EDF

#Visitlevezou

Pourquoi des lacs sur le Lévézou ? Quelle est l'histoire des barrages ?

On vous raconte l'histoire singulière des barrages du Lévézou.

L'implantation des barrages sur le Lévézou

  1. Le Lévézou d'avant les barrages

C'était un territoire agricole avec des prairies de pâturages comme la grande plaine du Vioulou, une grande réserve d'eau qui devint le lac de Pareloup. 

C’était un véritable château d’eau avec des cours d’eaux capricieux et tortueux comme le Viaur qui à cette époque pouvait être en crue.

  1. Les projets :

  • Dans les années 20  et en 1942 déjà on commençait à s’intéresser au Lévézou pour utiliser ses cours d'eau

A la fin de la guerre en 1946 : la France entre dans une phase de reconstruction. Le Plan Marshall signé entre les Etats Unis et l’Europe permet le financement d’un grand nombre de travaux. Un programme massif d’équipements hydrauliques est donc lancé dans toute la France. Vint aussi la nationalisation de la production d’électricité et la création de la Sté Electricité de France.

En juin, le projet de la Chute du Pouget est déclaré d’utilité publique par décret, en septembre, l’entreprise de travaux publics Ballot vient installer des entrepôts à Broquiès, Saint Affrique et la Primaube.

  • 1947 : Une enquête publique est menée, en parallèle on construit les cités et les 1ers terrassements des barrages ! Paradoxal.

Les habitants vont s’organiser et se mobiliser pour défendre les intérêts des agriculteurs, les intérêts généraux des individus et des collectivités. Et oui, cela ne va pas se faire sans expropriations, des fermes et des hameaux vont être ensevelis sous les eaux. Le docteur Amans alors maire et conseiller général va monter au créneau tout comme le Conseil Général. Mais la machine est trop grosse et les efforts d’Electricité de France pour indemniser les propriétaires terriens sont pris en compte :

  • Echanges de terres, reconstruction de fermes ou de moulins

  • Argent : sommes attribuées au cas par cas (infos aux archives)

  • Fourniture d’eau et d’électricité gratuites sur une période définie

81 propriétaires expropriés pour Pont de Salars, 26 pour Bage, 147 pour Pareloup, 72 pour Villefranche de Panat et 4 pour Saint Amans

On a redécouvert les terres noyées lors de la vidange de Pareloup en 1993 et de PDS en 1995

  • 1952 : la construction des barrages est terminée à Pont de Salars, Pareloup, Bage, la Gourde, Villefranche de Panat et Saint Amans, les lacs sont mis en eau

Des cités et une école construites pour accueillir les ouvriers et leurs familles

  • Au plus gros du chantier, quelques 2000 travailleurs se trouvaient sur le territoire. Il y avait les ouvriers de l’entreprise Ballot qui se déplaçaient de chantiers en chantiers, ceux qui cherchaient du travail sur les grands chantiers et les « gens du pays » qui se sont fait embaucher sur place.
  • Une dizaine de cités ont été implantées au plus près des chantiers avec cantines et douches. Sur les chantiers les plus peuplés, il y avait même un foyer. Ces cités étaient constituées de maisons individuelles pour les familles et les chefs de chantiers. Construites en préfabriqués et montées sur des dalles en béton, elles étaient équipées de tout le confort moderne de l’époque : douches, eau, électricité dont ne disposaient pas les fermes du Lévézou. Les dortoirs étaient destinés aux ouvriers célibataires. La répartition se faisait par affinités communautaires. On a noté la présence d’italiens, d’espagnols ayant fuit le franquisme, de polonais et de nord africains. Ils étaient logés dans des chambres de 2 à 3 personnes ou individuelles chauffées. Les sanitaires étaient collectifs et ils prenaient leurs repas à la cantine.
  • L’école de Pont de Salars, trop petite a été reconstruite car certains travailleurs avaient fait suivre leur famille. Les enfants de plusieurs nationalités se côtoyaient alors. L’entreprise Ballot avait mis en place un système de ramassage dans les cités ouvrières et en ont fait profiter les enfants des fermes qui se trouvaient sur le passage.

 

Quotidien

La période de construction a créée une certaine effervescence sur le Lévézou : les commerces ont profité de l'affluence de population, les bistrots aussi, des idylles ont vu le jour, des équipes de foot sont renforcées ou créées...

Les aménagements techniques

  • Le téléphérique : il a été installé de Broquiès à Pont de Salars et passait par tous les chantiers pour déposer des matériaux de construction. Une benne toutes les 20 secondes passait nuit et jour quelquefois interceptées par des petits futés. 
  • Les silos : le téléphérique y déchargeait ses matériaux
  • Les grues : il y avait 2 types de grues sur les chantiers : la grue à 2 pylônes de 80m de haut. les 2 pylônes étaient situés de part et d'autre des barrages et étaient reliées par un câble sur lequel des bennes circulaient. La grue à tour : surnommée l'avion, elle était haute de 100m. Le béton circulait jusqu'aux "avions" (pièces métalliques triangulaires) et était déversé par une "manche" (une sorte d'entonnoir).
     
Barrage de Pareloup
Barrage de Pareloup

Les barrages de type voûte

Ils se caractérisent par :

  • Un ancrage profond dans la roche, il s'appuie sur les parois, les contreforts et répartit la pousée de l'eau sur les contreforts
  • Une forme incurvée
  • Il sont plus fins qu'un barrage de type "poids"

On les trouve à Pareloup, Pont de Salars, Bage, la Gourde

Les barrages de type poids

On les trouve à Villefranche de Panat et Saint Amans.

  • Ils sont de forme rectiligne
  • C'est par leur poids qu'ils font barrage à l'eau
  • Leur implantation dépend de la géologie, de la qualité du terrain et du relief


 

Barrage de Villefranche de Panat
Barrage de Villefranche de Panat
Ouvriers creusant une galerie
Ouvriers creusant une galerie

Une imbrication savante d'ouvrages hydroélectriques 

Les barrages sont reliés par des galeries et une conduite forcée jusqu'à la centrale du Pouget

  • Pont de Salars – Bages : 2.7 km
  • Bages-Pareloup : 7 km
  • Pareloup-Alrance/Villefranche de Panat  : 11 km
  • Villefranche de Panat – Saint Amans : 4.7 km

Ce sont des ouvriers-mineurs qui ont travaillé sur ces galeries. C’était un métier difficile et dangereux source d’accidents dus à des effondrements. Ils travaillaient au marteau-piqueur, foraient la roche pour enfoncer la dynamite et faire exploser les rochers.

Conduite forcée du complexe hydroélectrique du Pouget

Conduite forcée du complexe hydroélectrique du Pouget

Les conduites forcées

Il y en a plusieurs, elles font entre 2.60 m et 3.40 m de diamètre. La conduite d’Alrance fait 10km de long en 4 tronçons. Celle du Pouget est la plus grosse : 4.7 km de long et 3.40m de large sur une chute de 460m de dénivelé. C’est cette chute qui donne de la puissance à l’eau pour la production d’électricité.

Les usines

Il y en a 3. Ce sont les conduites forcées qui arrivent dans les usines et fournissent l’eau nécessaire à la production électrique. L’usine de pompage de Bages ne produit pas et consomme même de l’électricité pour pomper l’eau et la faire remonter jusqu’au lac de Pareloup.
Les 2 usines de productions :

  • L’usine d’Alrance : elle produit autant d’électricité que celle de Bage en consomme.
  • L’usine du Pouget :elle est constituée de 3 groupes de production installés en 1952. Elle a été sur-équipée pour produire plus dans les années 1980 faisant d’elle une usine particulièrement puissante utilisant du matériel de pointe. Ce sont les turbines d’origines qui travaillent encore aujourd’hui. L’usine du Pouget possède la turbine hydraulique la plus puissante de France, mais aussi un groupe pompe dont la conception est unique en Europe qui remonte l’eau de la rivière Tarn vers le barrage de Saint-Amans.
Fonctionnement de l'usine du Pouget
Fonctionnement de l'usine du Pouget

Le fonctionnement d'une usine

  • L’eau est stockée dans le réservoir, elle descend dans la conduite forcée, frappe les godets de la turbine et la fait tourner.
  • La force produite par la rotation est transformée en électricité par l’alternateur puis est à nouveau transformée pour partir sur les lignes à haute-tension.
  • Un groupe réversible unique en France installé dans les années 80 remonte l’eau du Tarn vers St Amans en période creuse et la fait redescendre en période de pointe.

Les chiffres clés

  • 6 usines
  • 19 groupes de production
  • 4 conduites forcées
  • 540 000 MWh/an soit la consommation annuelle de 220 000 habitants
  • 205 millions de m3 d’eau stockés
  • 9 barrages
  • 6 prises d’eau
  • Lac de Pont de Salars : 180 ha à 718m d’altitude
  • Lac de Bage : 53 ha à 715 m d’altitude
  • Lac de Pareloup : 1290 ha à 805 m d’altitude
  • Lac de Villefranche de Panat/Alrance : 190 ha à 727m d’altitude
  • Lac de Saint Amans : 11ha à 265m d’altitude

Deux espaces de découverte du complexe hydroélectrique du Pouget

Dans les locaux de l'Office de Tourisme à Pont de Salars, un espace est dédié aux barrages du Lévézou :

  • un film d'époque diffuse des images de leur construction
  • une maquette invite les enfants à reconstituer une centrale électrique de haute chute (indisponible en période COVID-19)
  • un dépliant synthétique reprenant les éléments historiques et techniques est disponible à l'accueil

Cet espace est ouvert gratuitement aux heures d'ouverture de l'Office de Tourisme. Il est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Au Truel, Espace Hydro Raspes et Lévézou

Situé au cœur des Raspes du Tarn, dans le village du Truel, cet espace interactif, ludique et pédagogique permet de découvrir le territoire des Raspes si méconnu mais pourtant indissociable du Lévézou tant la production hydroélectrique les rapproche.
Bornes d'écoute, cubes amovibles, projections, manipulations et textes explicatifs sont à disposition pour comprendre le fonctionnement de cette énergie. Depuis la naissance de l'électricité à l'évolution de sa production, cet espace permet également de souligner l'importance de l'eau et sa nécessité dans le quotidien de notre territoire et de ces acteurs.
Accessible aux personnes à mobilité réduite 


 

Téléchargez la balade numérique "Voyage au Pays de l'or Blanc"

Entre les Raspes et le Lévézou, découvrez en vous amusant le complexe hydroélectrique qui a façonné le paysage du Lévézou et des Raspes du Tarn.
Téléchargez l'appli Balade des Grands Causses sur IOS et Android et participez à cette balade ludico-éducative pour trouver l'or blanc !

Voyage au Pays de l'or blanc
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